Revenir d’Australie, ça prend du temps. Ainsi, si mon corps est rentré au bercail depuis presque deux mois, j’ai l’esprit qui se remet à peine de tout ce que j’y ai vu, vécu, senti, ressenti, mangé, bu, aimé, savouré, rencontré, appris! À chacun ses priorités. je pourrais sacrifier ma folie des chaussures ou le confort de ma maison pour voyager, je mangerais des baguettes au fromage tous les jours pour m’assurer d’un billet d’avion tous les ans, je serais prête à travailler nuit et jour–ce que je fais, en quelque sorte!!– pour me permettre annuellement et préférablement plus souvent, une escapade vers l’inconnu.
On trouve l’équilibre, chacun d’entre nous, à des endroits différents. Le mien, je parcours le monde pour le trouver et j’ai pris conscience lors de cette dernière escapade, que c’est la course, mon équilibre! Chercher, fouiner, apprendre, découvrir, bouger, apprendre. Apprendre.
Petite je lisais de la bibliothèque familiale de grands ouvrages philosophiques et religieux de toutes provenances. Une série d’entre elles se déroulaient au Tibet. Je savourais les récits imagés et très détaillés de l’auteur et souvent, le soir, mon sommeil se teintait de l’odeur de l’encens, de l’air frais de l’Himalaya, de la couleur safranée des robes des moines, des rires des enfants, du goût de la Tsampa, le chant des prières. Les mots et les images ne faisaient qu’un, et je voyageais avec l’auteur. Bien que toutes ces lectures n’aient représenté initialement aucun intérêt pour une gamine de 10 ans, faute d’autres chose, je m’y étais plongée. Quelle découverte j’y ai faite… et inutile de vous dire que l’Himalaya est sur la liste des visites de ce monde à réaliser.
Cela a forgé en quelque sorte ce que je suis. Je crois que c’est précisément de cet endroit que sont nées quatre de mes — nombreuses, elles sont, je suis passionné en ma nature!!—passions: les images, les voyages, la montagne et les mots.
Les voyages me ressourcent, m’épuisent d’une toute autre façon que le travail. Alors, avant mon départ, fatiguée d’une année record au boulot, j’ai laissée la “pression” ici. Pas de stress, pas de trépied seulement l’envie de fouiner, voir ou serait donc passée mon inspiration pour la vie? Australie. Autre bout du monde, autre bout de moi-même. J’ai pris ces photos sans souci de performance, je les blogue sans souci de performance, comme j’ai voyagé, sans souci de performance.
Je vous ai dit que je me suis retrouvée là bas? Je flotte encore.




























































